vendredi 12 avril 2013

| Avis ¦ Les Croods, le cœur des hommes des cavernes



Les Croods de Chris Sanders et Kirk DeMicco


Animation, USA, 2013, 1H32
Avec les voix de Nicolas Cage, Ryan Reynolds, Emma Stone
Sortie le 10 avril 2013


L'objectif :Lorsque la caverne où ils vivent depuis toujours est détruite et leur univers familier réduit en miettes, les Croods se retrouvent obligés d’entreprendre leur premier grand voyage en famille. Entre conflits générationnels et bouleversements sismiques, ils vont découvrir un nouveau monde fascinant, rempli de créatures fantastiques, et un futur au-delà de tout ce qu’ils avaient imaginé. Les Croods prennent rapidement conscience que s’ils n’évoluent pas… ils appartiendront à l’Histoire.



Le subjectif : Dans les contes de fées, souvent, les apprentis princes charmants se mettent en tête de terrasser le grand méchant dragon, et de délivrer la belle princesse. Le cas du (jeune) studio d'animation DreamWorks est un poil plus complexe. Il a d'abord couru après le trône du roi Disney, et de son chevalier Pixar, donnant lieu à ces affrontements « frontaux » en salles obscures : 1001 Pattes / Fourmiz, Le Monde de Némo / Gang de requins, The Wild / Madagascar... A chaque fois, même si l'humour DreamWorks s'est démarqué, l'originalité en a pâtit. Pire, mis à part pour Madagascar et Shrek, la qualité ne fût pas au rendez-vous... Alors le studio, sous la coupe de Chris Sanders, ancien seigneur de l'armée Disney (il a réalisé Lilo & Stich), a préféré embrasser un monstre bleu et visqueux. Histoire de mettre en place sa propre légende, faite – comme Disney en son temps – d'émerveillement, et de prouesses techniques.




C'était il y a trois ans, et Dragons en a mis plein les yeux. Les spectateurs, qui n'avaient jamais pu voir le véritable potentiel d'un studio catalogué comme drôlement irrévérencieux, ont pris une claque. Une esthétique à la fois irréaliste et sublime (comme son monstrueux protagoniste : mi-chat, mi-salamandre) servait un récit touchant et travaillé. Oubliant les comédies, DreamWorks a réussi à enchanter. Mais revenons à nos mouton-mouths, en ce début de printemps 2013... Quelques mois après Les Cinq légendes, qui s'est réapproprié avec magie des contes oubliés, Les Croods se présente comme le nouveau fleuron du studio. Réalisé par Chris Sanders (accompagné cette fois par Kirk DeMicco), il remonte aux origines de notre espèce, avant la dérive des continents, et nous propose de suivre le destin d'une nouvelle famille Pierrafeu.

« Personne n'a dit que c'était drôle de survivre ! »

Il s'agit des Croods, vous l'aurez compris. Une famille d'hommes et de femmes des cavernes, basse du front et brutale, guidée par le père, Grug (doublé par Nicolas Cages et, en VF, par sa voix française : Dominique Collignon-Maurin). Le reste de la tribu applique sans broncher ses règles de vie faites d'interdictions et de peur de nouveauté, restant cloîtrés dans leur grotte (« Personne n'a dit que c'était drôle de survivre! », justifie Grug). Tous ? Non, Eep, jeune fille belle et rebelle (même chevelure-feu que l'héroïne du dernier Pixar), va bouleverser leur quotidien. Alors que leur monde touche à sa fin, sa curiosité, et surtout sa rencontre avec Guy, un jeune homme maîtrisant le feu et l'intelligence, va conduire les Croods dans une aventure pleine de péripéties. Doublés par Emma Stone et Ryan Reynolds (en VF : Bérangère Krief et Kev Adams), les deux jeunes gens, et toute la famille, vont tenter d'échapper à « la fin » (tadaaam!), et explorer un nouvel univers. Le film passe ainsi d'un monde désertique, répétitif et poussiéreux, à un autre, florissant et peuplé de créatures incroyables...



C'est un des points forts des Croods : une faune et une flore à couper le souffle, pleines de couleurs chatoyantes et de créatures hybrides adorables (comme ce lynx-hiboux). Mélangeant avec brio l'aspect découverte avec l'aventure intérieure que vivent les héros (les personnages, bornés au départ, vont apprendre à s'ouvrir aux autres et à... évoluer), Chris Sanders et Kirk DeMicco confèrent à leur film une saveur de quête initiatique. Et que dire des décors, des effets de lumières, de l'animation et de la 3D efficaces : ils révèlent, une fois encore, un grand savoir-faire technique. Pourquoi pas de note maximale ? Parce qu'il manque de l'émotion, que certains choix artistiques sont critiquables, qu'on se serait passé du générique français... Parce que, même si Les Croods s'en rapproche, la perfection s'appelait, et s'appelle toujours Dragons...


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